La Kora est une harpe-luth des Mandinka d’Afrique de l’Ouest ; l’homme qui en joue traditionnellement est appelé korafola ou djélikora en langue mandingue.

Hier, dans l’empire mandingue du XIII au XVII siècle, aujourd’hui, sous l’effet des migrations et du découpage arbitraire des frontières par la colonisation européenne, la kora traditionnellement se pratique encore dans plusieurs pays : Mali, Sénégal, Gambie, Guinée-Bissau, Guinée Conakry, Sierra Léone.

Instrument royal dans les anciens royaumes mandingues de l’Ouest, aujourd’hui, la Kora est devenue simplement un élément du patrimoine musical ouest-africain ; même si l’apanage qui faisait des griots mandingues les seuls korafola semble connaître une certaine évolution sous les coups de la dynamique sociale. Ainsi, dans la société moderne africaine, on n’hésite pas à pratiquer des instruments apportés par la colonisation tels que le piano, le violon, la guitare, etc…, mais on refuse de toucher à des instruments de musique traditionnelle à cause de la persistance, dans certains esprits, des notions d’hérédité professionnelle et de hiérarchie sociale qui caractérisait certaines sociétés traditionnelles, dont les Wolofs, les Haal Pullaren et les Madinka.

Faut-il pour autant marginaliser ces instruments de musique et privilégier les instruments occidentaux ? Autrement dit, s’agit-il d’assister à la mort progressive des éléments du patrimoine culturel et historique devant l’impérialisme culturel de l’Occident ? La réponse est catégoriquement non.

Sous l’impulsion de certains korafolas (griots ou non), la kora essaie de sortir de son enveloppe traditionnelle. Ainsi, de plus en plus on la retrouve dans des musiques modernes tels le jazz, la salsa, le funk et bien d’autres.

Propos reccueillis dans l'ouvrage de Ousmane Sow Huchard «La Kora - Objet témoin de la Civilisation mandingue» (essai d'analyse organologique d'une harpe-luth africaine) Presses Universitaires de Dakar