


La calebasse
Le résonnateur par excellence de la plupart des cordophones ouest-africain
est de forme hémisphérique de diamètre compris entre 35 et 50 centimètres.
La calebasse choisie obéit à quatre critères principaux :
• elle est la plus hémisphérique possible ;
• son épaisseur est d’environ 1,5 cm et la plus uniforme possible ;
• elle ne porte aucune amorce de fendillement ;
• elle est parfaitement sèche.
Les bords de la calebasse sont rabattus pour éviter qu’ils ne coupent la
peau.
La peau
C’est une peau de bœuf qui sert exclusivement à recouvrir la table d’harmonie
de la kora. Cette peau est débarrassée de tous les petits morceaux de chair
restant, les poils sont enlevés. Elle est alors mouillée abondamment, enterrée
dans un endroit humide de la cour, ceci pendant 24 h., afin de l’assouplir.
Après ce temps, la peau trempe à nouveau dans l’eau et est gardée enterrée
24 h. de plus.
La hampe
Principalement en bois de kéno sculptée d’un diamètre de 3 à 4 cm, sa longueur
est en fonction de l’importance de la calebasse. Elle doit être la plus
cylindrique possible, uniforme sur toute sa longueur et droite.
Le support de main
En bois de kéno de 2 à 3 cm de diamètre et d’une longueur variant en fonction
de la grosseur de la calebasse. Elle est sculptée et atteint entre 60 et
75 cm de longueur.
La traverse
Tige d’un diamètre d’environ 2 à 3 cm faite en kéno ; sa longueur est en
fonction du diamètre de la calebasse, car ses extrémités dépassent les bords
du résonnateur d’un à deux centimètres.
Le chevalet
En bois de kéno. Avec sa tête comprise en forme de losange, sa hauteur est
d’environ 16 cm avec une largeur de 7 cm et une épaisseur d’un centimètre
aux extrémité rainurées par où transitent les cordes ; ses rainures sont
parfaitement lisses pour éviter de couper les cordes.
Le coussinet
C’est un morceau de bois parallélépipédique recouvert d’un tissu traditionnellement
rouge.
Les attaches
Faite de lanières de cuir à même la hampe, après avoir été trempé dans l’eau
; ce travail est accompli à l’aide d’une aiguille en fer forgé.
Le cordier
Un anneau en fer forgé fabriqué par le forgeron.
Les punaises de tapisserie
Leur tête est chromée et de forme hémisphérique.
Les cordes
La kora compte 21 cordes. Elles sont choisies de 3 à 4 diamètres différents.
Elles sont en fil de pêche blanc en nylon. Il est très résonnant et résistant.

Dans la fabrication de la kora, la réalisation de la table
d’harmonie, l’armature est sans doute l’opération la plus importante et
la plus délicate. L’opération qui consiste essentiellement au montage de
la peau mouillée nécessite la collaboration d’une deuxième personne. Après
la clouage de la peau et la mise en place des deux supports des mains et
de la traverse (l’armature), on procède alors au découpage du surplus de
peau pour laisser apparaître le fond de la surface extérieure de la calebasse.
Ensuite on opère l’ouverture de restitution, la suuda, et on perce les deux
trous dans la calebasse qui vont permettre à la hampe de la traverser de
part en part.
La calebasse ainsi recouverte de peau est exposée au soleil pour le séchage
de celle-ci ; ainsi cette dernière se contracte et adhère fortement à la
paroi extérieure de la calebasse. Pendant les 3 ou 4 jours que dure le séchage
de la peau, elle est aspergée tous les matins avant son exposition au soleil
afin d’accentuer son adhésion à la coque de la calebasse et pour favoriser
son blanchissement.
C’est avant le montage de la hampe que l’on procède alors au clouage de
la peau à l’aide de clous de tapisserie suivant des motifs divers. Le cordier
est ensuite installé.
La kora ainsi fabriquée n’attend plus que ses cordes. On procède d’abord
à l’attache des cordes de renforcement auxquelles seront nouées avec un
nœud spécial les cordes à jouer. Ces cordes à jouer sont ensuite enroulées
à même les anneaux d’accordage tout le long de la hampe. Et tendues une
première fois pour permettre la mise en place du coussinet et du chevalet.
On procède alors à une deuxième tension des cordes à partir des anneaux
d’accordage à l’aide d’une aiguille en fer forgé. Avec laquelle on peut
soulever et tirer facilement la corde.
Après un certain temps de jeu, on procède à un réajustement de la hauteur
des cordes. Et ainsi de suite jusqu’à ce que les cordes aient fini de se
détendre.
Ce n’est qu’à partir de ce moment-là que la kora peut offrir sa sonorité
normale. Néanmoins, la kora est encore considérée pendant 3 semaines comme
étant en rodage.

Le SILABA qui signifie « la grande route », est selon tous
les korafolas interrogés, le principal mode d’accordage de la kora. C’est
le mode le plus ancien et c’est de lui que dérivent tous les autres modes.
Avec lui, tout le répertoire mandingue peut être interprété, soutiennent
les griots.
Silaba : la Grande Route ! Les korafolas pensent que c’est
la seule et unique qui puisse vous mener au cœur du patrimoine musical mandingue.
